vendredi 30 janvier 2009

Premières journées argentines : la région des lacs


Nous voici en Argentine, nous voici en Patagonie ! Notre pari est donc réussi, même si nous ne sommes qu'au nord de cette région et que notre but est d'atteindre Ushuaia (et ensuite de rentrer sains et saufs à Lima).


Nous découvrons la région des lacs. On les compte par dizaines. Chacun est merveilleux. Le hic, c'est que la région est aussi touristique que l'Alsace : c'est la haute saison, doublée des congés scolaires. Y'a donc du monde sur les routes.

Chaque ville rencontrée est une succession de restos "comidas tipicas", de cabañas à louer (de 2 à x personnes - on voyage en troupe(aux) au pays du bétail de masse), de boutiques de matériel de randonnée et de magasins de souvenirs les plus diversément ... identiques. Nous y faisons de brèves incursions avant de fuir dans la nature.

mercredi 28 janvier 2009

Trois petites lagunes et puis s'en vont

Après les parcs précédents, nous avons fait halte à Villarica, près de son lac, son volcan, son artisanat mapuche de masse et ses centaines de cabañas (chambres d'hôtes) à louer. La ville est néanmoins encore agréable.

Nous sommes passés ensuite par Pucon. Ce sont des villes-stations balnéaires dédiées au tourisme. Nous étions bien loin de la nature profonde; bien trop à notre goût. Nous avons décidé d'aller voir ailleurs si on y était... mieux et avons fait route vers l'Argentine toute proche.

En chemin, une dernière promenade chilienne au coeur de la réserve de Villarica et ses jolies lagunes ...




.... puis nous avons passé la frontière pour finalement nous retrouver à nouveau dans une station tout aussi touristique, San Martin de los Andes.

dimanche 25 janvier 2009

Les parcs nationaux de Tolhuaca et de Conguillio


Nous sommes heureux de retrouver de la verdure. Les champs de blé ont, au bord de la route, fait place à la rocaille des déserts.



Nous découvrons une superbe lagune où Pierre n'hésite pas à faire trempette.
Après deux heures de grimpette, ça fait du bien.

Le lendemain, c'est une impressionante chute d'eau qui nous attend au bout du chemin.

Le jour suivant, nous partons pour la réserve de Conguillio

... et faisons, une grande ballade à travers les forêts d'araucarias (drôle de mélange entre un arbre et une cactée) jusqu'à l'araucaria madre, vieux de +/- 1300 ans.


Nous mettons la barre toujours plus haut et nous nous engageons sur le sentier menant a la Sierra Nevada.


On peut progresser jusqu'aux neiges éternelles avant d'avoir recours à de l'alpinisme. Ce que nous laisserons à d'autres, mais la ballade fut vraiment agréable.


Hélàs, après nous avoir fuit deux mois, la pluie nous rejoint. Nous laissons donc les parcs et faisons route jusqu'à Villarica.

Ce n'est que pour mieux entrer dans cette superbe région où la nature nous attend encore un peu plus loin.

dimanche 18 janvier 2009

Santiago, priez pour nous ! Alleluia !

Certains de nos fideles lecteurs nous ont reproche de ne pas parler assez des us et moeurs. Nous ne voyions, jusqu ici, pas quoi dire de vraiment interessant. A priori, la population sud americaine a decouvert les joies de la consomation de masse : pas un pueblo au coeur des Andes qui n ait son cyber cafe empli de jeunes se disputant a Mortal Combat VII ou ecoutant le dernier Beyonce via Youtube. Les villes d une certaine importance ont toutes leur food plaza et la jeunesse se gave de pizze et de burgers et passe d une boutique a l autre, le MP3 aux oreilles, afin de rever devant le dernier Jeans trendy ou la mini jupe taille basse qui fera craquer le pololo,a (petit,e ami,e) convoite,e. Tristes tropiques, mais pouvons-nous condamner chez eux, ce a quoi nous avons succombe nous-meme ?
Quoi dire de plus ? En bon anthropologue, Pierre repondrait que pour parvenir a discourir de maniere interessante sur l une des populations rencontrees, il nous faudrait y rester plusieurs annees. Vos dons sont donc les bienvenus pour ce faire; le mecenat ayant souvent preside les destinees des recherches anthropologiques...


Au hasard de nos perigrenations dans les Andes, nous avons pu nous apercevoir de la competition que se livre les differentes tendances chretiennes. A Putre, par exemple, village de quelques centaines d ames, on compte pas moins de six obediences differentes et notamment, l Eglise Catholique Romaine, les Adventistes, l Eglise du 7eme jour, les Jehovahs, etc.


A Santiago, nous avons pu assister, en ce beau dimanche, au preche en plein air, au beau milieu d une avenue commercante, habituellement dediee aux publicites commerciales en tous genres, et qui se voit le theatre d un rite oscillant entre la mission apostolique et les rites de transes expiatoires vaudoux.

Au debut, le leader a l allure de boy scout attarde, arrangue la foule : Jesus est ton ami.

Les chants resonnent dans la rue, une pseudo-Marie-Madeleine simule etre attiree par le vase des peches, puis entendant la voix de Jesus le brise et se delivre de ceux-ci.

Ce sont ensuite des accolades, des embrassades : Dios es amor !

Puis viennent les transes : des femmes sont en sanglots, on s agenouille, on se couche a meme le sol.




Le pasteur appose les mains et invite chacun a le faire a son voisin : Dieu te pardonne, Dieu t encourage dans ton repentir ... Dios es Amor, Jesus, yo te quiero, Alleluia !





Nous faisons quelques centaines de metres et nouveau spectacle du meme genre, quelque peu plus sobre.

Georges Clooney, "arme" seulement d un micro a reussi a rassembler une petite vingtaine de fideles, mais la ferveur est la meme : on s etreint et l on prie avec tout autant ferveur.

Que penser ? Nous n epiloguerons pas ! Notons simplement le succes apparent de ce processus cathartique qui permet, chaque dimanche, a des centaines de personnes de se sentir liberees du poids de l existence, du poids du quotidien. La religion est l opium du peuple disait Vladimir Illich. Or, sommes-nous loin des prises d hallucinogenes de nos Atacamenes de naguere ?

Ballade a travers Santiago

Apres la deception de Valparaiso, nous aprehendions d arriver a Santiago.

Heureusement la ville est agreable et nous en profitons pour faire une grand ballade a pieds dans les quartiers du centre.
Son marche central Belle-Epoque,...


La Cathedrale sur la place d Armes,

Le celebre palais de la Moneda ou Salvador Allende se suicide le ... 11 septembre ... 1973 alors que le palais est bombarde par l armee de Pinochet, soutenu par la CIA.


Le Cerro Santa Lucia et ses constructions typiques des parcs du XIXeme, nous donne deja un premier point de vue sur la ville, dont les immeubles de verres et d acier refletent la verdeur du parc.

Nous traversons ensuite le quartier bobo et ses nombreux bars, ambiance le Marais parisien,...


...mais l ascension se poursuit car ...

... un funiculaire nous emmene a la Vierge surplombant la ville depuis le Cerro San Cristobal et un telefeerique, rappelant celui de l expo bruxelloise de 58 conclut la ballade aerienne au-dessus d un fort agreable parc.


Nous avons bien bon de nous ballader sous les feuillages apres +/- 4000 km de routes desertiques.

jeudi 15 janvier 2009

Quelconque La Serena et triste Valparaiso

Nous ne nous sommes pas attardes a La Serena. La ville nous a paru quelconque. Seul le musee a retenu notre attention. Il nous a permis de de decouvrir la culture Diaguita qui vivait dans la region entre l an 1000 et l arrivee des Espagnols (apres s etre fait prealablement integrer manu militari a l empire inca evidemment).






et de retrouver le moai le plus voyageur de l ile de Paques, arrive d abord par le premier vol en hydravion qui relia le continent a Rapa Nui dans les annees -50; c est lui aussi qui est venu nous saluer en Europe lors de l expo universelle de Seville (ou il fut decapite accidentellement) et a Bordeaux. Nous pensons qu il est heureux d avoir reintegre ce lieu paysible.



Nous nous sommes vite remis en route pour Valparaiso...


Valparaiso... Qui n'a pas entendu parler de cette ville, un livre de pirates à la main ?

Pierre se réjouissait de découvrir cette ville en y espérant vieux port aux pavés usés par le rouli des tonneaux des navires d'antan...

Et bien non, à part un port ultramoderne ...

... qui prive toute la ville de son littoral, Valparaiso, c'est Bruxelles - en pire, bien sûr : une urbanisation anarchique et glauque où de laids immeubles cachent la vue de l'horizon, où le rez-de-chaussée des majestueux immeubles du XIXème, désormais délabrés dans l'ensemble, sont occupés par des vendeurs de chaussures, de GSM, ou autres, avec les enseignes criardes qui vont avec... Et enfin, il règne dans toute la ville une forte odeur d'égoût et d'urine...

Les nombreux ascenseurs et funiculaires, classés par l'Unesco, permettent d'accéder à la ville haute, à peine moins repoussante hormis quelques immeubles colores ...

...ou les centaines de grafitis (plus ou moins esthetiques) qui tentent vainement d oter un peu la grisaille ambiante.



Bref, nous n'avons pas aimé et nous mettons en route pour Santiago.