mardi 23 juin 2009

La Paz : los domingos en las ramblas


Autre quartier, autre animation : le dimanche matin, l'avenue la plus moderne de La Paz se transforme en un immense piétonnier semblable à la Rambla de Barcelone.

La chaussée se couvre d'animations : stands de bijoux de fantaisie, ...

... snacks ..., marchands ambulants,


...mais aussi de nombreux podiums présentant des danses typiques, ...
(du charango de Tarabuco)



... non seulement des différentes régions de Bolivie,...
... mais aussi des autres pays limitrophes,




(ici, une danse péruvienne (Trujillo), dont on aura reconnu les couleurs)
(ce danseur de tango argentin comble de bonheur sa partenaire choisie dans le public)

(et ses compatriotes gauchos ne sont pas en reste)

... jusqu'à même cette danse japonnaise à l'occasion d'une représentation théâtrale de Mme Butterfly.


Même la signalisation routière contribue à la fête !





Un peu plus loin, quelques vitrines exposent de somptueux masques des différents carnavals.

jeudi 18 juin 2009

La Paz : le marché des cholilas

Après Sucre, nous nous mettons en route pour la ville la plus insolite de Bolivie : La Paz.

L'arrivée se fait par l'Alto, les quartiers populaires situés sur le plateau andin à plus de 4000m. La route qui mène au centre historique est une véritable plongée de plus de 500m. Nous nous établirons dans un petit hôtel du quartier touristique.

La Paz est une fourmillière où résonnent sans discontinuer les klaxons des collectivos vrombissants, crachant d'épais nuages noirs en tentant de gravir péniblement les rues à 15 pourcents de la cuvette paceñienne, laquelle retient prisonnier au niveau du sol (et de nos poumons) l'ensemble de ces émanations peu agréables.



Nous arrivons le dimanche et, comme la bonne vieille Batte dans notre Liège natal, c'est le marché. Tout un quartier est envahi par les échoppes.



On l'aura maintenant compris, le marché est un élément socio-économique capital de la vie andine sur lequel règne sans partage la cholila.

La "cholila", comme on en croise des milliers, est l'archétype de la citadine des Andes. "Cholila" vient de "cholo", mot d'argot qui désigne, au Pérou et en Bolivie, la personne ayant à la fois du sang natif et espagnol; autant dire la majorité des habitants ! Autant que l'ascendance métissée, le sont aussi les coutumes et donc les costumes : le chapeau melon, le châle en tricot et la dizaine de jupons conservés des Espagnols de jadis, savamment mêlés aux couleurs criardes, aux paillettes et aux tresses infinies des peuples anciens issus du continent. La cholila est aussi une incroyable machine économique. On la voit tantôt derrière une échoppe, tantôt à la tête d'un hospedaje, d'un atelier de confection, voire d'une chaîne entière de magasins. Si sa motivation initiale était de pourvoir aux besoins alimentaires de sa famille, certaines ont su parfois, au fil du temps, saisir les facilités d'une économie de marché sauvage, comme on la rencontre en Amérique du Sud, pour transformer son petit avoir initial en une véritable entreprise bien rôdée avec cependant, ce faisant, un désir de conserver son identité culturelle, certe hybride, mais néanmoins spécifique. Ainsi est donc la cholila, matronne du XXIème siècle, à la fois fille de Quilla (la lune) et d'Eve.

lundi 15 juin 2009

El mercado de Tarabuco


A un long jet de pierre de Sucre se trouve le paisible village de Tarabuco.

Ce tranquille "pueblo" est cependant très renommé pour la qualité de ses tapisseries. Cela a eu pour conséquences une mutation au niveau de l'organisation socio-économique de l'endroit : phénomène rarissime dans une société andine machiste : devant l'appât du gain et la main d'oeuvre limitée les hommes se sont mis à tisser afin de ne pas laisser échapper la mâne céleste aux alentours. Boosté par le phénomène, une école de tissage a même été créée (à laquelle de nombreux hommes sont assidus).

De même, dû au succès ou non, l'iconographie traditionnelle s'est intensément complexifiée en l'espace de deux ou trois décennies et se pose dès lors la question de la tradition : sommes-nous oui ou non dans la continuité dès lors que la pratique du tissage se perpétue bel et bien mais que la grammaticalité des représentations a tellement varié sur une durée infiniment courte ?

Indépendamment de cela, se tient le dimanche l'un des marchés les plus réputés de Bolivie.


Si la présence touristique a évidemment draîné son lot d'échoppes ad hoc...


... le marché de Tarabuco n'en est pas moins un lieu de rencontre et de commerce entre les autochtones des vallées environnantes.

La journée de marché commence par un petit déjeuner des plus copieux ! Le léger pain au chocolat et autre croissant au beurre n'est pas de mise. Ici, on dévore dès poitron-jacquet une riche soupe à la papa (pomme de terre) ou à la quinoa, voire une pleine assiette de légumes et de riz.

L'estomac ainsi lesté, l'énergie sera au rendez-vous pour parcourir les venelles et marchander ardemment les denrées à rapporter.


Les tenues sont hautes en couleurs !






Les produits sont ceux qu'on retrouve sur tous les marchés du pays ...
... comme les traditionnelles chaussures faites de vieux pneus qui ont donc déjà parcourrus des milliers de kilomètres avant même d'être portées ...

... les écheveaux de laines aux mille teintes,

les surprenants étals de viande,


les étals de fruits et légumes entièrement "bio",


d'étranges pommes de terre aux formes et couleurs les plus diverses,

les ex-votos à offrir à la Pachamama (Terre-Mére, adulée par les peuples andins) savamment préparés par les "sorcières" patentées,

le maïs, grains de la vie,

les épices, aux parfums doux et aux goûts puissants,
... et toujours la feuille de coca, qui donne aux gens d'ici force et courage lors des intenses travaux agraires.