samedi 28 mars 2009

Hésitations + hasard + amitiés = itinéraire aléatoire !

Après les routes du sud, nous hésitons encore longuement sur notre itinéraire. Nous pensons tout d'abord nous rendre à Chaiten pour prendre un bateau jusqu'à l'île de Chiloé. Pierre décide, de faire un crochet pour aller resaluer Lynn à Futaleufu, tout proche (enfin plus ou moins). Après tout, on ne la croise qu'une fois par décennie ! Mal nous en prend car le bateau est hebdomadaire et à cause de ce détour, nous le loupons et devrions attendre une semaine entière ! Nous nous y refusons, notamment au vu du coût de la fameuse traversée. Nous n'irons pas à Chiloé ! C'est ainsi que nous passons la frontière argentine et quittons définitivement le Chili ! Nous aurons vraiment aimé ce pays et ses habitants ! Nous en emportons de magnifiques souvenirs et quelques nouvelles amitiés dans nos musettes de vagabonds.
Nous avions appris que Dany et Claude (voir nos article précédents) sont en panne depuis quinze jours à San Carlos de Bariloche. Nous allons tenter d'aller leur remonter un peu le moral.
Nous visitons de chouettes endroits que nous avions délaissés à l'aller dont de nouveaux points de vue sur le magnifique lac Nahuel Huapi. On y accède généralement par une batterie de télésièges et téléphériques qui servent en hiver à la pratique du ski.
Nous commencons par le Cerro Campanario. C'est le baptême de télésiège pour Dany et Claire !
Aux petits matins, nous nous réveillons au bord du lac qui s'éveille aussi...
... et allons faire le "siège" devant le garage où Claude désespère de voir son véhicule à nouveau sur les routes ! Dany en profite pour nous gâter de bons petits plats ! Merci Dany !
Une autre belle journée nous offre les pentes de la station "Cerro Cathedrale" afin d'aller admirer ledit sommet, juste en face : une oeuvre naturelle façon Gaudi !

mercredi 18 mars 2009

Derniers tours de pistes sur les routes du grand sud


Pour nous l'aventure sur les pistes mythiques du grand sud s'achève. Nous aurons vibré (au propre comme au figuré) tant sur la Ruta 7 chilienne que sur la terrible Ruta 40 argentine (du moins en ce qui concerne sa partie archaïque).

Peut-être aurons-nous la chance d'y revenir un jour. Mais hélàs nous craignons fort que l'aventure ne soit plus la même. L'époque, où seuls les plus casse-cous parcouraient ces pistes avec défi, témérité (et une bonne dose d'inconscience), est déjà depuis longtemps révolue.

En effet, tout au long de notre chemin, nous avons pu voir les pelleteuses, rogneuses, niveleuses s'activant avec pugnacité.

Le ripio cèdera bientôt la place à d'infinis serpents noirs lisses de goudron luisant au soleil des pampas.

Bientôt c'est en autocar climatisé que les touristes, toujours plus nombreux, se targueront d'avoir "fait" ces routes et ne manqueront pas d'en ramener pour preuve les T-Shirts et muggs dûment estampillés, achetés dans les boutiques souvenirs qui ne manqueront pas de s'ouvrir tout au long de ces chemins. Le phénomène est déjà bien en place à certains endroits. Gageons avec certitude que cela ne fera que s'accroître.
Toutefois, pouvons-nous vraiment le regretter ? Car hormis le frisson de l'aventure disparu, ces routes désormais plus sûres ne vont-elles pas relier entre eux des villes et villages de manière plus sûre, notamment pour les courageux camionneurs qui chaque jours arpentent ces pistes et cotoient le danger que la conduite y représente.

samedi 14 mars 2009

La Cueva de las Manos : serrons la main à notre passé !

Passé l'émotion due à la crevaison, nous allons visiter la Cueva de las Manos.

Dans un cañon incroyable, une grotte s'ouvre comme une gueule béante dans la montagne. Le long des parois aux alentours, on trouve les traces vieilles de 3500 à 7000 ans de +/- 800 mains imprimées en négatif à l'aide de poudres colorées (rouge, blanche et noire) soufflées à l'aide d'un petit os.


On peut y voir aussi des empreintes de pattes de guanacos
(détachées préalablement de la bête, donc).
La fameuse main à six doigts : farce ou réelle malformation de l'artiste ?


On y trouve aussi des scènes de chasse aux guanacos et à l'époque la plus récente, des représentations iconographiques nettement plus stylisées.


L'universalité de ces mêmes pratiques, présentes tout autant sur Vieux Continent, comme ailleurs encore, laisse songeur.

Implacable Ruta 40 : un pipi nous évite le pis !

Nous poursuivons donc, pour la seconde fois, la traversée éprouvante de la Ruta 40 : plusieurs centaines de kilomètres de piste où la conduite est dure et se négocie à chaque tour de roue. Les paysages ont beau être incroyables, il s'agit là d'une réelle épreuve de conduite. La voiture chasse, glisse. On la contrôle, le coeur se serre. A un moment, elle paraît manquer singulièrement de puissance. Pierre en profite pour s'arrêter et se soulager la vessie. Après plusieurs heures de route, on ne rechigne pas devant les plaisirs simples.


C'est alors qu'il sent une odeur de brûlé : le pneu arrière droit venait en fait d'éclater : c'est ce qui freinait le véhicule depuis quelques centaines de mètres seulement. Heureusement ! Pour sa première crevaison, Pierre n'a pas fait dans le détail : la voiture étant chargée, elle s'incline de manière à empêcher le placement correct du cric hydraulique, qu'il faut d'abord extraire du fin fond de notre chargement !

On doit donc creuser la piste sous la voiture pour pouvoir enfin parvenir à placer l'engin de levage correctement. Le vent sauvage est de la partie : ce sont les yeux, la bouche, la voiture et tout le reste qui s'emplissent de sable et de poussières durant tout le temps que dure l'opération de changement de roue. Nous repartons enfin. Comme toujours : ca aurait pu être plus grave ! C'est ça les voyages, aussi !

Le Parque nacional Perito Moreno


Encore un espace dédié à Francisco "Perito" Moreno. Ce géographe-explorateur (perito) du XIXème est adulé par la nation argentine à laquelle il a permis, suite à ses nombreux relevés et travaux, l'attribution de millions d'hectares en évitant que le Chili se les approprie en premier. L'Argentine reconnaissante lui a offert, en remerciement, de nombreux territoires que le grand homme a rendus à nouveau au pays en souhaitant que ceux-ci demeurent des écrins de nature : pari réussi, le parc est un endroit enchanteur.




Nous y passons deux belles journées dans la tranquilité des paysages malgré un vent prononcé et persistant.


La lune, nous gratifiera de sa plus ample rotondité pour illuminer le parc toute la nuit durant.

La seconde journée s'achève dans un abri de fortune qui nous soulage un peu du tempérament d'Eole et nous permet quelques instants de réflexions sur la suite de notre itinéraire : il n'est pas toujours évident de se décider : est ? ouest ? Quel vent nous portera ? Toujours le souffle de l'aventure, sans doute !

Rendez-vous avec le Fitz Roy

Après la traversée du premier tronçon de la Ruta 40, nous arrivons à El Chalten, lieu de départ des ballades autour du Fitz Roy.

La ville, dont le nom veut dire littéralement "la montagne qui fume", le volcan donc, a seulement vingt-cinq ans et doit son existence à la volonté de l'Argentine de justifier la possession de cette région au détriment du Chili. La frontière exacte n'est toujours pas définie et est d'ailleurs toujours sujette à discussions entre les deux pays. Ceci pour la petite histoire géopolitique.

Nous sommes accueillis par un beau soleil qui restera avec nous tout notre séjour. Nous jouissons donc de deux jours de belles randonnées.


Le premier jour, nous allons saluer le Cerro Torre et son voisin, le Cerro Solo.

Nous finissons la ballade le dos courbé sous un vent incroyable soufflant sur la lagune depuis le glacier.

La seconde ballade nous amène aux pieds même du Fitz Roy, la fameuse montagne fumante, car un nuage s'entête à s'y accrocher en quasi permanence et donne l'illusion parfaite de fumeroles volcaniques.



(avez-vous vu Claire ?)