Pour nous l'aventure sur les pistes mythiques du grand sud s'achève. Nous aurons vibré (au propre comme au figuré) tant sur la Ruta 7 chilienne que sur la terrible Ruta 40 argentine (du moins en ce qui concerne sa partie archaïque).
Peut-être aurons-nous la chance d'y revenir un jour. Mais hélàs nous craignons fort que l'aventure ne soit plus la même. L'époque, où seuls les plus casse-cous parcouraient ces pistes avec défi, témérité (et une bonne dose d'inconscience), est déjà depuis longtemps révolue.
En effet, tout au long de notre chemin, nous avons pu voir les pelleteuses, rogneuses, niveleuses s'activant avec pugnacité.
Le ripio cèdera bientôt la place à d'infinis serpents noirs lisses de goudron luisant au soleil des pampas.
Bientôt c'est en autocar climatisé que les touristes, toujours plus nombreux, se targueront d'avoir "fait" ces routes et ne manqueront pas d'en ramener pour preuve les T-Shirts et muggs dûment estampillés, achetés dans les boutiques souvenirs qui ne manqueront pas de s'ouvrir tout au long de ces chemins. Le phénomène est déjà bien en place à certains endroits. Gageons avec certitude que cela ne fera que s'accroître.
Toutefois, pouvons-nous vraiment le regretter ? Car hormis le frisson de l'aventure disparu, ces routes désormais plus sûres ne vont-elles pas relier entre eux des villes et villages de manière plus sûre, notamment pour les courageux camionneurs qui chaque jours arpentent ces pistes et cotoient le danger que la conduite y représente.
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