lundi 15 juin 2009

El mercado de Tarabuco


A un long jet de pierre de Sucre se trouve le paisible village de Tarabuco.

Ce tranquille "pueblo" est cependant très renommé pour la qualité de ses tapisseries. Cela a eu pour conséquences une mutation au niveau de l'organisation socio-économique de l'endroit : phénomène rarissime dans une société andine machiste : devant l'appât du gain et la main d'oeuvre limitée les hommes se sont mis à tisser afin de ne pas laisser échapper la mâne céleste aux alentours. Boosté par le phénomène, une école de tissage a même été créée (à laquelle de nombreux hommes sont assidus).

De même, dû au succès ou non, l'iconographie traditionnelle s'est intensément complexifiée en l'espace de deux ou trois décennies et se pose dès lors la question de la tradition : sommes-nous oui ou non dans la continuité dès lors que la pratique du tissage se perpétue bel et bien mais que la grammaticalité des représentations a tellement varié sur une durée infiniment courte ?

Indépendamment de cela, se tient le dimanche l'un des marchés les plus réputés de Bolivie.


Si la présence touristique a évidemment draîné son lot d'échoppes ad hoc...


... le marché de Tarabuco n'en est pas moins un lieu de rencontre et de commerce entre les autochtones des vallées environnantes.

La journée de marché commence par un petit déjeuner des plus copieux ! Le léger pain au chocolat et autre croissant au beurre n'est pas de mise. Ici, on dévore dès poitron-jacquet une riche soupe à la papa (pomme de terre) ou à la quinoa, voire une pleine assiette de légumes et de riz.

L'estomac ainsi lesté, l'énergie sera au rendez-vous pour parcourir les venelles et marchander ardemment les denrées à rapporter.


Les tenues sont hautes en couleurs !






Les produits sont ceux qu'on retrouve sur tous les marchés du pays ...
... comme les traditionnelles chaussures faites de vieux pneus qui ont donc déjà parcourrus des milliers de kilomètres avant même d'être portées ...

... les écheveaux de laines aux mille teintes,

les surprenants étals de viande,


les étals de fruits et légumes entièrement "bio",


d'étranges pommes de terre aux formes et couleurs les plus diverses,

les ex-votos à offrir à la Pachamama (Terre-Mére, adulée par les peuples andins) savamment préparés par les "sorcières" patentées,

le maïs, grains de la vie,

les épices, aux parfums doux et aux goûts puissants,
... et toujours la feuille de coca, qui donne aux gens d'ici force et courage lors des intenses travaux agraires.

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