dimanche 18 janvier 2009

Santiago, priez pour nous ! Alleluia !

Certains de nos fideles lecteurs nous ont reproche de ne pas parler assez des us et moeurs. Nous ne voyions, jusqu ici, pas quoi dire de vraiment interessant. A priori, la population sud americaine a decouvert les joies de la consomation de masse : pas un pueblo au coeur des Andes qui n ait son cyber cafe empli de jeunes se disputant a Mortal Combat VII ou ecoutant le dernier Beyonce via Youtube. Les villes d une certaine importance ont toutes leur food plaza et la jeunesse se gave de pizze et de burgers et passe d une boutique a l autre, le MP3 aux oreilles, afin de rever devant le dernier Jeans trendy ou la mini jupe taille basse qui fera craquer le pololo,a (petit,e ami,e) convoite,e. Tristes tropiques, mais pouvons-nous condamner chez eux, ce a quoi nous avons succombe nous-meme ?
Quoi dire de plus ? En bon anthropologue, Pierre repondrait que pour parvenir a discourir de maniere interessante sur l une des populations rencontrees, il nous faudrait y rester plusieurs annees. Vos dons sont donc les bienvenus pour ce faire; le mecenat ayant souvent preside les destinees des recherches anthropologiques...


Au hasard de nos perigrenations dans les Andes, nous avons pu nous apercevoir de la competition que se livre les differentes tendances chretiennes. A Putre, par exemple, village de quelques centaines d ames, on compte pas moins de six obediences differentes et notamment, l Eglise Catholique Romaine, les Adventistes, l Eglise du 7eme jour, les Jehovahs, etc.


A Santiago, nous avons pu assister, en ce beau dimanche, au preche en plein air, au beau milieu d une avenue commercante, habituellement dediee aux publicites commerciales en tous genres, et qui se voit le theatre d un rite oscillant entre la mission apostolique et les rites de transes expiatoires vaudoux.

Au debut, le leader a l allure de boy scout attarde, arrangue la foule : Jesus est ton ami.

Les chants resonnent dans la rue, une pseudo-Marie-Madeleine simule etre attiree par le vase des peches, puis entendant la voix de Jesus le brise et se delivre de ceux-ci.

Ce sont ensuite des accolades, des embrassades : Dios es amor !

Puis viennent les transes : des femmes sont en sanglots, on s agenouille, on se couche a meme le sol.




Le pasteur appose les mains et invite chacun a le faire a son voisin : Dieu te pardonne, Dieu t encourage dans ton repentir ... Dios es Amor, Jesus, yo te quiero, Alleluia !





Nous faisons quelques centaines de metres et nouveau spectacle du meme genre, quelque peu plus sobre.

Georges Clooney, "arme" seulement d un micro a reussi a rassembler une petite vingtaine de fideles, mais la ferveur est la meme : on s etreint et l on prie avec tout autant ferveur.

Que penser ? Nous n epiloguerons pas ! Notons simplement le succes apparent de ce processus cathartique qui permet, chaque dimanche, a des centaines de personnes de se sentir liberees du poids de l existence, du poids du quotidien. La religion est l opium du peuple disait Vladimir Illich. Or, sommes-nous loin des prises d hallucinogenes de nos Atacamenes de naguere ?

1 commentaire:

Papa a dit…

C'est à Karl et non à Vladimir Illich que l'on doit l'expression "Opium de Peuple".

D'un autre côté il faut noter que Allende, Président élu démocratiquement ne s'est pas suicidé comme la propagande fascite l'a déclarer pour se dédouaner et démoraliser le Peuple mais a bien et bien été assassiné par les hommes de Pinochet. Le plus grand tord d'Allende est d'avoir refusé d'armer le peuple, il l'a payé de sa vie et de quantité de défenseurs de la justice sociale et de la démocratie